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  • Mokarran et la mythologie traditionnelle: "Te M'ao le requin seigneur de nos îles"
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    Vincent Truchet

Mokarran et la mythologie traditionnelle: "Te M'ao le requin seigneur de nos îles"

Mokarran et la mythologie traditionnelle:

 

Aux temps des origines, dans la mythologie traditionnelle polynésienne, le grand requin bleu Te Ma’o purotu était le requin sacré favori du dieu Ta’aroa, maître des profondeurs marines. Il vivait à Purotu, terre sacrée originelle située dans les profondeurs océaniques qui a donné au bleu profond de l’océan son nom en langue tahitienne. Il avait pour habitude de remonter à la surface et de nager près de la plage pour s’y nourrir d’algues et jouer avec les enfants. Mais un jour, alertés par les dieux de la mer, les humains commencèrent à se méfier du requin apprivoisé de Ta’aroa qui pourrait avoir la mauvaise intention de les dévorer. Au cours d’une traque menée par deux courageux guerriers bien décidés à le tuer, le requin fût blessé puis il donna l’impression d’avoir succombé. C’est alors que soudainement, il se retrouva soulevé dans le ciel par les dieux Ta’aroa et , courroucés par ce sort injuste. C’est ainsi que le requin retrouva la vie sauve dans les eaux sacrées originelles du domaine céleste Te-vai-ora du dieu Tāne, dont il devint le gardien, sous son nouveau nom Fa’arava-i-te-ra’i. Il conserva dès lors aux yeux des hommes un statut tapu (interdit), ce qui signifie qu’il n’était pas consommé et, en vertu des interdits qui planaient sur les noms sacrés, son nom ne devait même pas être prononcé…

En revanche, c’est avec un respect empreint de crainte que le terme de
Parata était prononcé au XVIIIe siècle pour mentionner les féroces guerriers de l’atoll d’Anaa dans l’archipel des Tuamotu. Ces derniers régnaient sans concession sur les Tuamotu et même sur l’île de Tahiti, à coup d’attaques aussi soudaines que violentes, le plus souvent en profitant de tempêtes qu’ils affrontaient en pirogues sur plusieurs centaines de kilomètres avant de fondre par surprise sur leurs malheureuses victimes. Ils tuaient (et dévoraient souvent) les hommes et ramenaient comme esclaves les femmes et enfants. Ces guerriers sanguinaires avaient hérité de ce surnom qui n’est autre que le nom vernaculaire, c’est à dire en reo Ma’ohi, donné au requin longimane (l’aileron blanc du large, Carcharhinus longimanus). C’est indéniablement par similitude avec le comportement de ce requin réputé pour sa mobilité en haute mer, sa ténacité et son agressivité à l’égard des hommes qui ont le malheur de se retrouver à l’eau après un naufrage.

Ces
kaito (guerriers) portaient même une armure faite de peau de requin et renforcée par des dents de squale, de même que des couteaux et lances utilisant ces appendices tranchants comme des rasoirs. Un exemple incroyable de convergence comportementale et quasi-esthétique entre l’homme et l’animal…

 

Texte: Eric Clua & Frédéric Torrente

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